Bref historique

L’histoire

L’Hôtel Gouin a été bâti vers 1510 par Nicolas Gaudin et sa femme Louise Briçonnet, à l’époque du roi Louis XII, qui avait faire de Tours sa résidence.

En 1738, la famille Goüin, famille de notables, originaires de Bretagne (les Gwen, francisés en Goüin) l’acquiert et le garde jusqu’en 1925. L’Hôtel Goüin héberge un temps la banque familiale fondée à Tours en 1714 par Henri François Goüin. Elle connut un grand développement et existe durant plus de deux siècles, disparaissant après sa fusion avec le Crédit Industriel de l’Ouest en 1958.

L’hôtel est légué à la Société Archéologique de Touraine (SAT) en 1925 mais est en partie détruit par l’incendie de Tours en 1940. Seule la façade sud subsiste au milieu des ruines. L’hôtel est classé au titre des monuments historiques l’année suivante puis restauré pour abriter le musée de la SAT.

Celle-ci en fait don pour un franc symbolique au Conseil Général d’Indre-et-Loire en 1976 (devenu depuis Conseil Départemental).

La façade de l’Hôtel Goüin, entre flamboyant et Renaissance

1510 : Comme bon nombre de bourgeois à cette époque, Nicolas Gaudin décide l’embellissement de sa demeure, embellir signifiant mettre au gout du jour. La mode s’inspire alors de la Renaissance Italienne dont la caractéristique essentielle est une volonté de résurrection de l’Antiquité par un retour aux sources gréco-latines. Ce style apparaît comme un exotisme et un insigne de prestige.

Au logis médiéval, Nicolas Gaudin fait ajouter trois avant-corps à loggia et terrasses qui rappellent le raffinement des palais vénitiens, mais la toiture est extrêmement pentue et typiquement française.

Le caractère hybride de la façade de l’hôtel Goüin est typique de la première Renaissance française : permanence de certains usages médiévaux, d’une part, utilisation d’un répertoire décoratif teinté d’italianisme de l’autre. Il ne s’agit pas d’un simple placage ou d’une adoption des éléments de décor italiens, mais bien d’une adaptation locale du modèle italien. Ainsi cohabitent harmonieusement dans un foisonnement ornemental, des éléments du gothique flamboyant et de la Renaissance italienne : d’un côté des pignons triangulaires et pinacles ornés de crochets et de fleurons, l’incontournable chou frisé, les motifs trilobés, de l’autre rinceaux, candélabres, frises d’oves et de dards, pilastres cannelés, couronnes et médaillons, corbeilles de fruits, rubans, niques à coquilles, dauphins…

La façade a été entièrement restaurée en 2014/2015 par son propriétaire, le département d’Indre-et-Loire.